Amiens SC : Dijon et les insultes racistes envers Gouano

Gouano Dijon
(AFP)

Avril 2019. Il faut remonter deux ans et demi en arrière pour retrouver trace d’un duel entre Dijon et l’Amiens SC au stade Gaston Gérard. Ce soir-là, le club picard glanait un précieux point dans la quête de son ultime maintien en Ligue 1. Cependant, ce sont bien les prétendus cris de singe à l’encontre de Prince Gouano, de la part d’un supporter dijonnais, qui resteront dans les mémoires. A la veille des retrouvailles entre les deux clubs, le 11 Amiénois vous replonge dans cette rencontre. Flashback.

Le match

Loin du visage séduisant affiché ces dernières semaines, l’Amiens SC peut s’estimer heureux de revenir de Dijon avec le point du nul (0-0). Un moindre mal dans la course au maintien d’une rencontre dont le point d’orgue restera les prétendus impardonnables cris de singe à l’encontre du capitaine de l’Amiens SC, Prince Gouano.

DIJON FCO – AMIENS SC : 0-0 (0-0) 

32ème journée de Ligue 1 Conforama

Stade Gaston Gérard, Dijon

Arbitre : M. Abed

Avertissements : Saïd (23e), Amalfitano (27e), Tavares (54e) pour Dijon ; Gnahoré (31e, 90e+2), Monconduit (52e) pour Amiens

Expulsion : Gnahoré (90e+2)

DIJON FCO : Runarsson – Chafik (Alphonse, 90e+7), Yambéré, Lautoa (c.), Haddadi – Amalfitano (Kwon, 85e), Balmont, Marié – Jeannot, Tavares, Saïd (Sliti, 62e)

Remplaçants : Allain (g.), Alphonse, Coulibaly, Kwon, Sammaritano, Kaba, Sliti

Entraîneur : Antoine Kombouaré

AMIENS : Gurtner – Krafth, Gouano (c.), Dibassy, Pieters – Timité (Otero, 88e), Blin (Monconduit, 49e), Gnahoré, Mendoza – Guirassy, Konaté (Zungu, 60e)

Remplaçants : Dreyer (g.), El Hajjam, Adenon, Zungu, Monconduit, Otero, Cornette

Entraîneur : Christophe Pélissier

La réaction

« Comme vous avez pu le voir, sur un corner, je sors le ballon et je me suis retourné vers mes coéquipiers pour les encourager. Ensuite, j’ai entendu des cris de singe. Honnêtement sur le coup j’ai été choqué. Je me suis dit qu’on était au 21e siècle, qu’on était en France et que cela était impossible. Je me suis donc retourné pour voir d’où venaient ces bruits-là et j’ai localisé la personne (…) Cette personne est en garde à vue, il m’a insulté de singe mais c’est lui qui est en cage. C’est la morale de cette histoire. Je peux porter plainte contre lui, il peut y avoir des poursuites judiciaires contre lui et il pourrait même être emprisonné. Mais vous connaissez mes valeurs, l’amour, la croyance, la foi et il faut que je lui pardonne »

Prince Gouano (joueur de l’Amiens SC)

L’intégralité de sa réaction

Le joueur du match : Prince Gouano

Son match en lui-même a été correct. Il a bien défendu et a été solide dans les duels avec Tavares et Jeannot. Sa performance aurait mérité un 6/10. Mais ce qui explique sa note, c’est surtout sa réaction face aux insultes racistes des « supporters » dijonnais. En aucun cas, nous ne devons entendre ce genre de choses dans un stade. Sur un terrain, ni d’homophobie, ni de racisme, ni d’antisémitisme ne doivent être tolérés. BRAVO CAPITAINE !

Les notes du match de la rédaction

Le top 

Ce match n’était pas destiné à entrer dans le panthéon du football. Pourtant, il fera date. Alors que les injures à caractère raciste ont trop souvent tendance à être banalisées dans les stades, le défenseur central amiénois a su prendre ses responsabilités face aux cris de singe proférés à son encontre. En demandant à l’arbitre central de stopper la rencontre, il a fait ce que tout capitaine d’une équipe professionnelle devrait faire face à ce genre de comportements. Et ses déclarations d’après match, prônant le pardon, sont un modèle d’intelligence et sont la preuve d’une indéniable grandeur d’âme. Il y a quelques jours, un capitaine d’un grand club européen a, semble t-il, voulu minimiser ces mêmes insanités. Il faut croire que les grands capitaines ne sont pas forcement là où l’on pense devoir les trouver.

Les tops de la rencontre

Le flop

Très en vue le weekend dernier face aux Verts, Eddy Gnahoré n’a pas, comme beaucoup de ses coéquipiers, su réitérer la même performance vendredi soir face à Dijon. En outre, il a écopé d’un second carton jaune, sans doute évitable, dans les arrêts de jeu pour simulation. Héritant d’une passe approximative de Steven Mendoza, il n’a su convertir cette balle de but, s’effondrant même dans la surface sans être touché par le portier bourguignon. À sa décharge, ce fait de jeu n’aurait sans doute pas dû entraîner son exclusion car son premier jaune, reçu en première mi-temps, semblait bien résulter d’une autre simulation, celle de Romain Amalfitano. Un match à vite oublier pour le joueur prêté par Palerme.

Les flops de la rencontre

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