Amiens SC : Comment aborder cette journée décisive ?

À l’exception de la saison dernière, l’Amiens SC a pris l’habitude de jouer son avenir sur la dernière journée de championnat. Alors comment aborder un tel événement ? Eléments de réponse avec Christophe Pélissier et Alexis Blin.

Un contexte particulier

Comme en 2016 face à Belfort et en 2017 contre Reims, l‘Amiens SC va jouer sa saison sur le dernier match. Pour autant, Christophe Pélissier ne veut pas forcément faire le parallèle avec ces glorieux souvenirs. « Chaque saison a sa vérité, chaque match a sa vérité, affirme-t-il. On a eu la chance d’avoir deux matches couperets qui étaient des matches différents parce que la dynamique était différente. C’était pour monter et là c’est pour se maintenir, même si le maintien en Ligue 1, pour un club comme Amiens, reste une belle performance. » Effectivement, là où Amiens avait tout gagné il y a deux ans, en étant l’invité surprise en Ligue 2, il a aujourd’hui tout à perdre en cas de défaite contre Guingamp.

Outre un barrage aller-retour contre Troyes ou Lens, c’est surtout la perspective d’une rechute en Ligue 2, avec un manque à gagner de près de vingt millions d’euros, qui inquiète. Une situation à laquelle Alexis Blin a été confronté, avec Toulouse, ces dernières saisons. « Ce sont des contextes assez similaires aussi parce qu’on se devait de gagner à Angers pour se maintenir (ndlr : en 2016), se remémore-t-il. Demain, on va aussi devoir gagner pour se maintenir. » Car comme pour Toulouse en 2016, Amiens est confronté à un adversaire, Caen, qui joue une équipe en roue libre en cette fin de saison, en l’occurrence Bordeaux. « On jouait Angers et que dans le même temps Reims menait 3-0 contre Lyon au bout de trente minutes. Maintenant, chaque saison est différente », affirme le milieu de terrain.

Sous la pression de Caen ?

Reste qu’Amiens pourrait être dans une situation similaire ce vendredi soir, à savoir face à une équipe de Caen qui lui met la pression à distance. « On verra ce qu’il se passera, mais il ne faut pas que l’on calcule, assure Alexis Blin. Il faut que l’on focalise sur nous, que l’on fasse notre match, et on fera les calculs à la fin. » Pour autant, la tentation n’est-elle pas grande de se tenir informé du résultat de Caen ? « Avec les bruits qui courent, on saura à la mi-temps ce que fait Caen, reconnaît-il. Mais cela sert à rien d’y prêter beaucoup d’importance, je pense que le mieux est de faire les comptes à la fin du match et quoi qu’il en soit, de ne rien regretter. Si on met l’état d’esprit qu’on arrive à mettre depuis le début de saison et l’envie, plus la réussite collective, je pense que cela passera. » 

D’autant qu’Amiens reste maître de son destin puisqu’une victoire contre Guingamp l’assure de disputer une troisième saison consécutive en Ligue 1 Le tout face à une équipe qui n’a plus à rien à défendre, si ce n’est son honneur. « À ce stade, on ne peut pas se permettre de dire que Guingamp ne peut pas nous mettre en danger parce qu’ils sont relégués, tempère Alexis Blin. Ce serait leur manquer de respect et aussi les prendre de haut. C’est une équipe qui a eu peu de réussite cette saison alors qu’ils ont eu la mainmise dans beaucoup de matches. » Reste à savoir quel visage afficheront-ils ce vendredi. « Je pense qu’ils vont essayer de bien finir la saison, complète le milieu de l’ASC. Ils n’auront rien à perdre, ils peuvent se lâcher et je doute qu’ils viennent avec la volonté de fermer le jeu. » 

Un plan qui ne serait pas pour déplaire à l’Amiens SC, qui n’a jamais su trouver la clé contre les blocs bas cette saison. Maintenant, qu’importe la manière, seul le résultat compte dans le money-time. Plus que jamais, le pragmatisme sera donc de rigueur ce vendredi soir. Avec, on l’espère, comme en 2016 et 2017, un dénouement heureux.

Romain PECHON

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