Amiens SC : Badji ? « Personne n’est indispensable » selon Hinschberger

Amiens SC Badji
Christophe Saidi/FEP/Icon Sport

Meilleur buteur de l’Amiens SC avec onze réalisations, dont neuf depuis le début du mois de décembre, Aliou Badji est très clairement le visage du rebond amiénois sur le dernier trimestre de compétition. Suspendu pour accumulation de cartons jaunes, le Sénégalais n’est pas disponible pour le déplacement à Pau, samedi pour le compte de la 27ème journée de Ligue 2. Une réelle perte mais pas forcément un problème insurmontable pour Philippe Hinschberger. Explications.

Badji, un détonateur crucial mais pas indispensable ?

Dans une saison aussi folle que parfois difficilement lisible, l’Amiens SC est-il en mesure de mettre fin à sa longue série sans victoire (10 matches) à l’extérieur sans son meilleur atout et son homme en forme du moment qu’est Aliou Badji ? Impliqué sur 14 des 19 derniers buts amiénois en championnat, le Sénégalais est effectivement suspendu pour le déplacement à Pau, où ses partenaires auront sans doute fort à faire face à la quatrième meilleure équipe à domicile cette saison avec 8 victoires en 13 rencontres.

Pour autant, Philippe Hinschberger assure que « personne n’est indispensable » au moment de s’épancher l’absence de l’attaquant le plus prolifique de Ligue 2 depuis trois mois. « Entre lui et Arnaud (Lusamba, ndlr : également suspendu), tu perds sur l’aspect offensif c’est une évidence, poursuit le coach de l’Amiens SC. Aliou a joué beaucoup de matches d’affilée et ce n’est pas anormal qu’il ne soit pas là à un moment donné. Il faut faire sans, préparer l’équipe sans lui même s’il a eu beaucoup d’efficacité sur les derniers matches.« 

Une efficacité qui a fait basculer les matches du bon côté pour l’Amiens SC dernièrement, comme à Sochaux où il égalise au terme d’une première mi-temps à la conclusion d’une action en solitaire, où bien encore contre Niort ou Nîmes où il trouve la faille sur la toute première situation franche de son équipe. « Il marche sur l’eau en ce moment. Même quand on est un peu en difficulté, il va nous sortir de la difficulté, reconnaît Jessy Benet. Face à Nîmes, on ne peut pas dire qu’on domine outrageusement quand il ouvre le score. En ce moment, il nous met les buts qui lancent réellement nos matches. »

L’heure de Tolu mais aussi d’Akolo ?

A Pau, il faudra également faire sans celui qui est impliqué sur les trois derniers buts de l’Amiens SC à l’extérieur en Ligue 2, face à QRM où il se mue en passeur décisif pour Eddy Gnahoré, à Sochaux donc, mais aussi à Rodez où son centre pousse à la faute Julien Celestine, buteur contre son camp. Et les chiffres confirment qu’il y a bien une équipe avec et sans Aliou Badji, Amiens remportant 37.5% de ses matches (6/16) et marquant 1.7 but en moyenne avec son numéro 17 titulaire cette saison en Ligue 2, contre 10% (1/10) et 0.7 but quand il ne l’est pas.

Double buteur face à Nîmes le week-end dernier, Tolu Arokodare va donc devoir prendre le relais de son habituel partenaire d’attaque, lui qui sort d’un match où « il a aussi su garder les ballons et gagner des duels de la tête pour livrer de loin son meilleur match » depuis qu’il est à Amiens de l’avis de son entraîneur. Et le Nigérian devrait être associé à Kader Bamba et à Chadrac Akolo pour tenter de faire trembler les filets en dehors de la Licorne pour la première fois depuis le mois de septembre en championnat et le déplacement à Nîmes justement.

Indubitablement, Amiens ne pourra donc pas jouer de la même manière à Pau que lorsqu’il est en mesure d’aligner ses deux grands attaquants devant. « C’est une histoire de complémentarité, comme toujours. On aura moins de poids corporel devant mais l’aspect technique sera plus évolué. Chadrac est un garçon qui pèse moins sur l’adversaire mais techniquement il peut garder le ballon en dessous d’un grand et ça peut être intéressant, note Philippe Hinschberger. C’est un professionnel, il est présent depuis le début de saison et aurait mérité de plus jouer mais on a trouvé de l’efficacité avec les deux grands.« 

En effet, avec quatre buts marqués sur quatre tirs cadrés en février, Aliou Badji a donné une illustration parfaite de ce qu’est l’efficacité pour un attaquant. Sans même leur en demander autant, Tolu Arokodare, Kader Bamba et Chadrac Akolo vont devoir démontrer à Pau que l’Amiens SC peut aussi gagner sans son meilleur buteur et en quelque sorte son faiseur de miracles depuis quelques semaines.

Romain PECHON

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