Amiens SC : 6-0, une claque historique et pas sans conséquence ?

Amiens SC
Romain Perrocheau/FEP/Icon Sport

Désireux d’aborder son duel face au leader libéré et sans complexe, l’Amiens SC est surtout apparu sans solution et sans réaction face au rouleau compresseur toulousain. Un sentiment d’impuissance incarné par la faillite d’une défense d’habitude si solide et la pauvreté technique d’une attaque totalement transparente sur ce match. Ramenés à leurs très chères études, les Amiénois vont désormais devoir rapidement rebondir pour éviter de jouer avec le feu lors du sprint final. 

Une défaite qui rappelle de mauvais souvenirs

Quand Philippe Hinschberger affirmait avant la rencontre : « Si on peut faire parler de nous à Toulouse, on ne va pas s’en priver », l’entraîneur de l’Amiens SC n’imaginait sans doute pas que ce soit d’une aussi triste manière avec un cinglant revers 6-0 à la clé. D’autant que cela faisait treize ans que l’Amiens SC n’avait plus concédé un tel revers en championnat. C’était en septembre 2009, sur la pelouse de Pacy-sur-Eure. Ce jour-là, les Picards avaient également terminé le premier acte avec un débours de trois buts, dont deux dans le temps additionnel.

Le tout avant de s’enfoncer assez inexorablement au fil de la seconde période, avec trois nouveaux buts pour les Normands au coeur d’une défense picarde aussi apathique que dépassée. L’un des nombreux matches assez fous, à ranger au même rang que la défaite contre Reims (5-0) ou bien encore le large succès contre Louhans-Cuisaux (8-1), d’une saison ponctuée à une anonyme treizième place en National dans la foulée de l’improbable descente de Ligue 2 en National vécue sous les ordres de Thierry Laurey.

Plus récemment, il y avait également eu cette claque à Sochaux en 2018 en 1/32e de finale de coupe de France. Avec une équipe extrêmement remaniée, Bakaye Dibassy et Danilo Avelar étant les deux seuls titulaires en puissance présents au coup d’envoi, et dans la foulée d’un stage de mi-saison en Espagne, la troupe de Christophe Pelissier n’était là aussi jamais réellement entrée dans son match. Et comme pour Régis Gurtner à Toulouse, Jean-Christophe Bouet – qui connaissait là sa toute première apparition en match officiel avec l’Amiens SC – devait même s’employer pour éviter une plus large déroute.

Et maintenant ? 

En 2009, dans la foulée de sa déconvenue face à Pacy-sur-Eure, Amiens réagissait de la meilleure des manières en s’offrant le scalp de Hyères (3-0) à la Licorne. En 2018, la donne était plus complexe pour Régis Gurtner et les siens avec la réception de l’ogre parisien en coupe de la Ligue. Expulsé pour avoir fauché Kylian Mbappé en dehors de la surface de réparation, le gardien de but amiénois laissait alors les siens en infériorité numérique pour près d’une heure. Et il fallait néanmoins attendre la seconde période et un but inscrit sur penalty par Neymar pour que le PSG débloque la rencontre. A douze minutes du terme, Adrien Rabiot doublait la mise pour solder le sort de la rencontre.

Samedi soir, l’Amiens SC de Philippe Hinschberger aura le droit à une adversité davantage à sa portée, avec la réception de Dijon, pour tenter de rapidement laver l’affront toulousain et par la même occasion se nettoyer les têtes avant l’ultime trêve internationale de la saison. « On est tous vexés, moi le premier, clame l’entraîneur amiénois. On attend tous une réaction. » « On a la chance quel le prochain match arrive vite pour rapidement passer à autre chose, note Mathis Lachuer. On est des hommes, il faut se relever, assumer, sortir la tête de l’eau, tourner la page et gagner contre Dijon. Ce sera la meilleure façon possible de passer à autre chose. Maintenant, il faut qu’on lutte pour le maintien. »

Avec cinq points d’avance sur QRM, le nouveau barragiste, l’Amiens SC n’est effectivement toujours pas sorti d’affaire dans la course au maintien. Et si sa victoire au forceps contre Nancy le week-end dernier lui avait offert un joker, déjà grillé de manière prématurée à Toulouse, la formation picarde n’a désormais plus le droit à l’erreur. En cas de mauvais résultat contre Dijon, le spectre de la zone rouge pourrait bien redevenir de nouveau très concret au moment de lancer le sprint final, le tout avec un capital confiance sans doute sévèrement écorné.

Reste aussi à savoir à quel point la défaite à Toulouse a laissé des traces au sein du groupe, sachant qu’on ne sort jamais totalement indemne d’une telle claque. D’une déroute historique. Et après avoir fait preuve d’un orgueil suffisamment mal placé pour parler d’un top 5 totalement inenvisageable, les Amiénois doivent désormais en avoir un minimum pour rebondir au plus vite et démontrer que cette défaite à Toulouse ne restera qu’une péripétie au coeur d’une saison ratée et non pas la trace indélébile d’une lente agonie. 

Romain PECHON

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5 Commentaires

  1. Perdre à Pau et gagner Vs Nancy, perdre à Toulouse et (peut être) battre Dijon : c’est pas si mal! Il reste 4 matches chez nous, si ça fait 12 points et qu’on perd les autres on aura 48 points et on sera 8eme! Moi je m’en fous un peu de cette déroute qui n’est qu’un match sur 38, il faut surtout arrêter de faire de stupides matches nul qui rapportent rien, de toute façon la saison est moche et le restera, faisons 1ere partie de tableau et surtout bâtissons tôt l’équipe de l’an prochain!