Mi-abattu mi-agacé par la prestation des Dogues, Benjamin André ne pouvait pas cacher sa frustration après la défaite face à l’Étoile Rouge (0-1), ce jeudi soir. Premier membre du LOSC à se présenter devant la presse après le match, le capitaine a fait le point sur la situation d’une toute petite voix qui traduisait bien son embarras du moment.
Benjamin, il ne s’est rien passé comme vous le vouliez, avec peu d’occasions…
« Voire pas du tout… On savait que c’était une équipe très solide défensivement. On a été surpris au démarrage avec leur système, on ne s’attendait pas forcément à ce qu’ils jouent à cinq derrière. Ils ont mis beaucoup d’impact et nous, on n’a jamais vraiment su s’adapter durant ce match. C’est une soirée très compliquée au niveau du résultat, mais même au niveau de la prestation, parce qu’on sait qu’on est passés complètement à côté.
À quoi on se raccroche-t-on dans cette série terrible ? Il n’y a pas beaucoup de motifs d’espoir ?
L’espoir, ça ne veut rien à dire. Si on regarde notre première partie de saison, c’est dans le sens inverse. On est toujours bien placé en championnat, il reste le match retour (contre Belgrade). Évidemment qu’il y a des enseignements à tirer. Il faut aussi discuter entre nous pour essayer à un moment de trouver des solutions.
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On ne peut pas forcément toujours essayer d’être positif, il y a un moment donné où il faut aussi voir ce qu’on fait et où on en est actuellement. Mais voilà, c’est le propre du sportif. Il y a des hauts, des très hauts, et des très très bas. Je pense que ce soir, on est dans le bas. On est dans une période très difficile et il faut en prendre conscience.
On vous sent quand même défaitiste…
Il y a un match retour, mais il faut prendre conscience de la situation à un moment donné. Et c’est nous, les acteurs, qui sommes sur le terrain, qui peuvent, à un moment donné, faire évoluer les choses. Ce soir, c’est un match difficile, compliqué, beaucoup de duels. On n’a pas su s’adapter. Mais on a ce match retour jeudi prochain où il faudra forcément montrer autre chose.
On avait l’impression qu’il y avait moins d’intensité. Partagez-vous ce sentimet ?
Tactiquement, c’est sûr qu’ils nous ont beaucoup gênés. On n’a jamais vraiment trouvé les solutions pour ressortir le ballon. On a essayé d’allonger un peu plus, de jouer les seconds ballons en deuxième mi-temps. Mais pareil, on était assez loin les uns des autres, on s’est trompés. Je pense qu’on a assez vite perdu le ballon aussi, donc on était dans un ping-pong. C’est difficile, surtout face à des équipes comme ça. Quand elles arrivent à ouvrir le score, tout devient beaucoup plus compliqué.
Il faut aussi changer d’état d’esprit, parce qu’on ne peut pas se permettre d’enchaîner autant de résultats négatifs.
Ça se tend aussi en tribunes (lancer de fumigènes et démission de Bruno Genesio demandée)…
C’est le propre du football aussi. On sait qu’ils se donnent beaucoup. Ce sont des gens qui sacrifient beaucoup de choses pour venir au stade. Quand on est sur une telle série, c’est à nous, les acteurs, de prendre conscience de la situation.
Est-ce votre période vécue en tant que joueur du LOSC ?
(Il coupe.) Il n’y a pas de pire période, ni de meilleure période. Chaque saison est propre à elle-même. Ce qu’il faut, c’est en tirer les enseignements pour essayer de ressortir plus fort. Encore une fois, comme on le disait, rien n’est perdu. Ce n’est pas comme si on était dixième en championnat et qu’on n’avait pas la possibilité de se qualifier (en Ligue Europa). Évidemment que c’est difficile en ce moment. Tout est plus compliqué. Quand il y a une période comme ça, la confiance est à zéro. Il faut relever la tête. Il faut aussi changer d’état d’esprit, parce qu’on ne peut pas se permettre d’enchaîner autant de résultats négatifs. »
Propos recueillis par Enzo PAILOT
Crédits photo : Johnny Fidelin/Icon Sport
